Prévalence des pensées et des comportements autodestructeurs [TW]
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Cet article peut être difficiles à lire car des sujets sensibles peuvent être abordés.
Informations générales
Nom de l’article : Prevalence of lifetime self-injurious thoughts and behaviors in a global sample of 599 patients reporting prospectively confirmed diagnosis with premenstrual dysphoric disorder
Traduction : Prévalence des pensées et des comportements autodestructeurs au cours de la vie dans un échantillon international de 599 patients ayant déclaré un diagnostic confirmé de manière prospective de trouble dysphorique prémenstruel
Nom des auteurs-rices : Sara V. Carlini et Kristina Deligiannidis
Date de sortie : Mars 2022
Lien et/ou n° DOI : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35303811/
Résumé de l’étude
Contexte
Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM – Premenstrual Dysphoric Disorder, PMDD) est une affection psychiatrique caractérisée par des symptômes émotionnels, cognitifs et physiques sévères survenant dans la phase prémenstruelle du cycle menstruel (phase lutéale) et s’atténuant après le début des règles. Bien que le TDPM soit un trouble reconnu dans le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 5ᵉ édition), les données sur son impact à long terme sur la santé mentale, notamment la prévalence des pensées auto-lésives ou suicidaires au cours de la vie, étaient encore limitées.
Cette étude a donc visé à mesurer la prévalence à vie de pensées suicidaires, plans, tentatives et comportements auto-lésifs chez des personnes ayant reçu un diagnostic prospectif confirmé de TDPM (c’est-à-dire basé sur des auto-évaluations quotidiennes sur plusieurs cycles menstruels).
Méthode et matériel
Type d’étude : enquête transversale observationnelle.
Population étudiée : 2 689 participantes ayant complété un questionnaire en ligne international. Parmi elles, 599 personnes (≈23 %) ont déclaré avoir reçu un diagnostic de PMDD confirmé prospectivement par un professionnel de santé, fondé sur des évaluations quotidiennes des symptômes réalisées pendant au moins deux cycles menstruels.
Outils de mesure :
Columbia Suicide Severity Rating Scale (CSSRS) : instrument standardisé pour évaluer les pensées suicidaires, leur sévérité, ainsi que les comportements auto-lésifs non suicidaires et les tentatives de suicide.
Les participantes ont rapporté leurs antécédents psychiatriques et leurs expériences personnelles de pensées et comportements auto-lésifs tout au long de leur vie.
Résultats
Les données recueillies montrent que, dans ce groupe de personnes atteintes de TDPM :
Prévalence très élevée des pensées et comportements auto-lésifs
Pensées suicidaires actives au cours de la vie : 72 % des participants.
Plans de suicide : 49 %.
Intention suicidaire déclarée : 42 %.
Préparation à une tentative : 40 %.
Tentatives de suicide au moins une fois dans la vie : 34 %.
Auto-lésions non suicidaires : 51 %.
Ces taux sont nettement supérieurs aux estimations générales dans la population mondiale pour des groupes mixtes sexes (≈ 9,2 % pour les pensées suicidaires et ≈ 2,7 % pour les tentatives) et comparables à des estimations de populations étudiantes ou cliniques plus larges.
Présence fréquente de comorbidités
La majorité des personnes ayant déclaré un diagnostic confirmé de TDPM (≈ 70 %) ont également signalé une comorbidité psychiatrique au cours de leur vie, ce qui peut influencer la façon dont les pensées et comportements auto-lésifs se manifestent.
Conclusion et discussion
Cette étude met en évidence que les personnes avec un diagnostic prospectif de TDPM présentent des taux étonnamment élevés de pensées suicidaires, de comportements auto-lésifs et de tentatives de suicide sur le long terme, ce qui suggère que :
le TDPM peut être associé à un risque suicidaire significatif, même au-delà de la période prémenstruelle ;
ces risques semblent bien au-delà de ce qui est observé dans les populations générales sans diagnostic de TDPM ;
les cliniciens devraient intégrer l’évaluation du risque suicidaire et des auto-lésions dans la prise en charge clinique du TDPM.
Les auteurs insistent sur le fait que ces résultats nécessitent une confirmation prospective (suivi longitudinal) et une approche clinique systématique pour comprendre les mécanismes sous-jacents et développer des stratégies de prévention.
Implication clinique
Le suivi des pensées suicidaires et des comportements auto-lésifs devrait faire partie intégrante de l’évaluation du TDPM en pratique médicale, surtout lorsqu’un diagnostic est confirmé par des évaluations quotidiennes fiables.
Les stratégies de traitement du TDPM ne devraient pas se limiter aux seules variations hormonales ou aux symptômes affectifs cycliques, mais aussi tenir compte de la santé mentale globale des patientes, particulièrement en ce qui concerne les risques suicidaires.
Cette étude plaide pour une meilleure sensibilisation des professionnels de santé aux risques psychologiques associés au TDPM et à l’importance d’un soutien thérapeutique approprié.





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